Le mardi 19 mai 2026 s’est tenue la cérémonie de remise du Prix Marcel Loncin 2025, organisée par l’Association des Chimistes, Ingénieurs et Cadres des Industries Agricoles et Alimentaires (ACIA), avec le soutien de la Société Scientifique d’Hygiène Alimentaire (SSHA).
Ouverte à toutes et à tous, cette rencontre a réuni chercheurs, enseignants, étudiants et professionnels du secteur agroalimentaire autour d’un objectif commun : promouvoir l’excellence scientifique et encourager les avancées de la recherche dans les domaines de l’industrie alimentaire, des biotransformations et de la chimie durable. La cérémonie a également offert un cadre privilégié pour les échanges entre le monde académique et les acteurs industriels, favorisant le partage d’idées et l’émergence de collaborations futures.
Un prix récompensant l’excellence scientifique
Le Prix Marcel Loncin distingue chaque année de jeunes chercheurs dont les travaux contribuent de manière significative à l’innovation dans les sciences alimentaires et les biotechnologies.
Pour l’édition 2025, le jury a attribué le premier prix à Régis Badin, chercheur postdoctoral à l’Université de Lorraine. Ses travaux portent sur la compréhension des mécanismes qui déterminent les propriétés fonctionnelles des poudres alimentaires, en particulier les maltodextrines largement utilisées dans l’industrie agroalimentaire.
Les poudres alimentaires sont présentes dans de nombreux produits du quotidien et leur comportement est fortement influencé par les conditions de stockage et d’utilisation. Régis Badin s’est intéressé aux phénomènes qui influencent leur stabilité, leur écoulement et leur aptitude à la reconstitution. Grâce à une approche multi-échelle et à l’utilisation de techniques de pointe telles que la microscopie à force atomique (AFM), il a étudié l’impact de la température et de l’humidité sur les propriétés de surface des particules. Ses recherches permettent de mieux comprendre le rôle de la transition vitreuse dans les performances des poudres alimentaires et ouvrent des perspectives pour le développement d’ingrédients plus performants et mieux maîtrisés.
La deuxième place a été attribuée à Alejandro Avila-Sierra, chercheur à l’Université Paris-Saclay, INRAE et AgroParisTech. Son projet de recherche, intitulé A 3D Biomimetic Artificial Mouth: Enabling the Predictive Design of Safer Foods, répond à un enjeu majeur de santé publique lié au vieillissement de la population.
Face à l’augmentation du nombre de personnes âgées et aux difficultés de mastication ou de déglutition qui peuvent accompagner le vieillissement, Alejandro Avila-Sierra a développé des systèmes biomimétiques tridimensionnels capables de reproduire les mécanismes de transformation des aliments dans la bouche. Ses travaux ont conduit à la conception d’une bouche artificielle reproduisant les mouvements de la langue ainsi que d’un masticateur robotisé hybride simulant les processus de mastication. Ces outils innovants permettent d’étudier de manière réaliste le comportement des aliments depuis leur ingestion jusqu’à leur déglutition et ouvrent la voie à la conception d’aliments plus sûrs, mieux adaptés aux besoins des populations vulnérables et plus largement à une meilleure compréhension des interactions entre les aliments et le consommateur.
Une recherche tournée vers les défis de demain
Bien que portant sur des problématiques différentes, les travaux récompensés illustrent parfaitement la diversité et la richesse de la recherche en sciences alimentaires. D’un côté, la compréhension fine des propriétés physiques des poudres alimentaires contribue à améliorer la qualité, la stabilité et la fonctionnalité des ingrédients. De l’autre, le développement de modèles biomimétiques de la cavité buccale offre de nouvelles perspectives pour concevoir des aliments répondant aux besoins spécifiques d’une population vieillissante.
Ces recherches démontrent combien l’innovation scientifique constitue un levier essentiel pour relever les défis alimentaires, nutritionnels et environnementaux auxquels nos sociétés sont confrontées. Elles témoignent également du dynamisme de la recherche dans le domaine des sciences alimentaires et de sa capacité à apporter des solutions concrètes aux enjeux de demain.
Une cérémonie sous le signe du partage
La cérémonie s’est déroulée dans une atmosphère conviviale et propice aux échanges entre chercheurs, étudiants et professionnels. Après une introduction par les deux présidents de l’ACIA et de la SSHA et la remise des distinctions, elle a permis aux participants de découvrir des travaux de recherche innovants et d’échanger autour des perspectives offertes par les sciences alimentaires et les biotechnologies.
Sur la photographie officielle figurent, de gauche à droite :
- Bernard Launay, président du Conseil scientifique de l’ACIA ;
- Philippe Girardon, président de l’ACIA ;
- Régis Badin, lauréat du Prix Marcel Loncin 2025 ;
- Alejandro Avila-Sierra, deuxième du concours.
Il manque sur la photo la présidente de la SSHA, le Dr ROUER SAPORTA, qui participait en distanciel.
Par son soutien à cette initiative, la SSHA réaffirme son engagement en faveur de la promotion de la recherche, de l’innovation et du transfert des connaissances au service de systèmes alimentaires plus durables, plus sûrs et plus performants.